L’aéronef de surveillance Dash 8 de Transports Canada qui était nouvellement équipé du nouveau système de surveillance MSS 6000 a détecté lors de sa première mission de formation à Terre-Neuve-et-Labrador une nappe d’hydrocarbures dans le détroit de Cabot à environ 40 kilomètres à l’ouest de Cap Ray, vers 15h30, le mercredi 29 novembre 2006.
La nappe estimée à 7,9 kilomètres de long et 700 mètres de large serait constituée d’environ 70 litres d’hydrocarbures.
La nappe a été détectée par le radar aéroporté à antenne latérale (SLAR) du système de surveillance MSS 6000. C’est la première fois qu’une nappe d’hydrocarbures est détectée à l’aide du nouvel équipement de surveillance.
Transports Canada passe en revue les navires qui ont circulé dans la région peu de temps avant la détection de la nappe. Jusqu’à maintenant, sa provenance demeure un mystère, on ne connaît pas son origine. Il y avait bien un navire dans la région au moment de la détection de la nappe, mais sa position et son cap font que l’on ne peut l’associer au déversement.
Transports Canada est très heureux de la performance du nouveau système de surveillance MSS. À partir des essais initiaux du système, l’on peut dire que le gouvernement du Canada possède maintenant une capacité de surveillance accrue, ce qui augmente grandement ses chances de prendre les pollueurs sur le fait et de recueillir des preuves suffisantes pour entamer des recours en justice.
Les photos suivantes, qui ont été prises lors d’un vol de surveillance aérienne au-dessus des Grands Lacs le 27 novembre 2006, montrent le nouvel équipement de surveillance qui est maintenant installé à bord de l’aéronef Dash 8 de Transports Canada.
Transports Canada (TC) a récemment installé un MSS6000 dans son aéronef de surveillance antipollution afin que le ministère puisse observer directement la surface de le la mer. Le radar aéroporté à vision latérale (SLAR) est le principal détecteur du système MSS6000. Il produit une carte radar très détaillée de la surface de la mer, de façon à détecter les variations par minute des brouillages radar causés par des déversements d’hydrocarbures, la prolifération d’algues bleues, de petits points cibles, etc., dans l’espace observé.
Il s’agit d’une image SLAR captée sur un écran à partir du lac Ontario. Lorsque cette image a été prise, l’aéronef se situait à environ 1,5 miles nautiques (NM) du navire, représenté par l’élément blanc à gauche de la ligne centrale. L’image montre clairement son sillage.
Le SLAR sera utilisé par TC pour détecter les anomalies susceptibles de détecter des hydrocarbures à la surface de la mer pour une distance de 25 miles nautiques de chaque côté de l’aéronef. Ce radar peut être utilisé dans des conditions de visibilité réduite (la nuit ou par temps nuageux) et peut détecter des navires jusqu’à 50 miles nautiques de l’aéronef. Auparavant, l’équipement de surveillance ne permettait la détection visuelle des navires que jusqu’à 2 miles nautiques. L’image du SLAR est munie d’un système d’annotation GPS pour inscrire des données à partir du système de gestion du pilotage de l’aéronef pour la collecte d’éléments de preuve. Si l’image était captée durant la nuit, cela ne l’affecterait en rien puisque la noirceur ne modifie aucunement sa qualité.
Cette illustration contient la surimposition d’une image du radar aéroporté à vision latérale à une carte tactique pour montrer concrètement les données utilisées par les opérateurs du système et par ceux qui font la cueillette des données au sol. La carte montre l’espace couvert par le SLAR, la trajectoire de l’aéronef ainsi que les cibles (chiffres avec symboles rose) identifiés par le Système d’identification automatique (SIA). Le SIA fournit des données en temps réel sur tout le trafic maritime soumis à la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS). Durant cette mission, on a identifié des navires situés jusqu’à 150 miles nautiques de l’aéronef. Le SIA fournit aux opérateurs des renseignements sur l’identité et l’itinéraire des navires. Ces renseignements sont très utiles pour guider l’aéronef là où les navires ont été signalés.
Le MSS6000 est aussi muni d’un système de camera numérique pour documenter l’information avec des photos et des vidéos. Chaque cadre d’image enregistre automatiquement le temps, le lieu et la mission en cours afin d’en faciliter la consultation future. Lorsqu’une anomalie est détectée à la surface de la mer, l’aéronef se dirige vers cet endroit et commence à recueillir les éléments de preuve.
En utilisant le système de caméra numérique géocodée, TC peut prendre des images vidéos et des photos des activités autour du navire, de même que le déversement détecté par le SLAR. Dans ce cas-ci, le navire effectuait un voyage de routine dans le lac Ontario, et cela donne un exemple de la clarté des photos prises avec le système de caméra numérique géocodée. La photo géo annotée indique le lieux exact, le jour, l’heure, la destination et la position du navire, de même que l’altitude et le numéro de l’aéronef. La séquence des photos est numérotée pour des fins de preuve.
Le MSS6000 est aussi muni d’un balayeur linéaire infrarouge et ultraviolet (IR/UV) utilisé pour obtenir une image à haute résolution du sillage des navires, des accidents, etc. C’est l’outil idéal pour cartographier les déversements de mazout et autres types de pollution, de même que pour d’autres types de phénomènes hydrographiques tels que les courants d’eau chaude ou froide. Transports Canada s’en servira surtout pour examiner de plus près un présumé déversement et lors d’un incident de pollution, pour déterminer où le mazout le plus épais se situe.
Cette photo présente une image combinée de l’infrarouge et de l’ultraviolet d’un navire. L’image de gauche a été captée par le détecteur de rayons infrarouges. Elle mesure les émissions infrarouges à la surface de la mer. Les rayons infrarouges sont insensibles à la lumière et à la brume entre l’aéronef et la surface de la mer. L’image de droite a été captée par le détecteur de rayons ultraviolets. Le détecteur d’ultraviolet mesure le reflet de la radiation ultraviolet à la surface de la mer. Pour bien fonctionner, le détecteur d’ultraviolets doit être utilisé à la lumière du jour et lorsque l’air est pur entre l’aéronef et la surface de la mer. Le mazout doit se trouver à la surface de l’eau pour être bien détecté.
Heureusement, sur cette photo, il n’y avait pas de mazout et par conséquent, le sillage du navire est clair. L’image UV montre le reflet du mouvement du navire, indiqué par les ondulations à la surface de l’eau.